Monday, August 17, 2009

Asterios Polyp de David Mazzucchelli (Pantheon books)


Je devrais commencer cette chronique avec une courte biographie de l'auteur mais je n'en suis pas capable. David Mazzucchelli est un artiste dont la carrière m'a toujours échappé. Avec Frank Miller il a contribué a donner à Daredevil (Born again en 1986) son âme de héros brisé mais invaincu tandis qu'avec le même auteur il écrivit la mythologie de Batman pour en faire un héros à la fois humain et surnaturelle. Une biographie qui, il faut le rappeler, est la première source d'influence de Christopher Nolan pour son premier film sur la chauve-souris de Gotham City (Batman : Year one en 1987).

Le style de Mazzucchelli n'était pas alors encore celui de l'auteur accompli mais de l'illustrateur servant le scénario. Il a depuis grandit en tant qu'artiste et changé son style vers une ligne claire européenne (Hergé, E.P. Jacobs ...) mêlé aux évolutions scénaristiques et graphiques de l'américain Will Eisner et même graté quelques codes graphiques du coté du Japon. Mazzuccheli est un dessinateur sans attâche culturel au même titre que certains se proclament citoyens du monde. La différence est que cette dernière formule est plus associés à des prétendants au thrône de la dernière révolution culturel tandis que Mazzucchelli est un auteur accomplis pour qui le mélange des influences est une seconde nature.

La première qualité d'Asterios Polyp est sa fluidité narrative au travers de planches complexes ne connaissant aucune limite malgré la présence de cases censé enfermer l'histoire dans une même direction. Celle-ci n'échappe pas pour autant à l'auteur mais permet aux personnages de vivre et à leur histoire de se découvrir à travers un continuum temporelle éclaté entre le présent, le passé et les songes de son personnage principale.

Celui-ci n'est même pas sympathique dès les premières pages. Seul dans une chambre, un incendie le pousse à partir de chez lui avec seulement quelques billets pour partir chercher ailleurs. Il fera alors la rencontre d'une petite famille dont le père, garagiste, accepte de lui donner un toit en l'échange de son travail. Les retours dans le passé servent donc à présenter Asterios, enseignant et architecte dont aucun design n'a jamais été construit. Ce pure théoricien au charme et à l'intelligence hors du commun fait la rencontre d'une jeune femme d'origine asiatique, tout aussi intelligente mais beaucoup moins "médiatique". Une rencontre qui lui permettra de combler ce manque afin de combler l'équilibre.

Leur relation est au centre de ce livre car elle est au centre des complications de la vie d'Asterios, jumeau séparé à la naissance d'un frère qui l'a accompagné dans le ventre de leur mère. Le reflet, le double, l'opposition sont des thèmes qui reviennent régulièrement dans les conversations et dans les planches. Riches en références culturels, le texte est aussi fascinant que les multiples symboles que Mazzucchelli développe dans son histoire ou sous la forme de petits détails visuels où le texte et l'image font corps dans une chorégraphie graphique que seul un génie de ce média est capable d'orchestrer avec autant de brio.

De la même manière que Local (de Brian Wood et Ryan Kelly) qui donnait vie à une jeune femme de ses 18 ans jusqu'à son retour dans la maison familiale à 32 ans, Asturos Polyp est un roman graphique racontant l'épopée d'un être fictif que l'on apprend a connaitre et prend vie au delà de la page dans notre coeur et notre esprit. L'exercice de style qu'aurait pu être cette histoire riche en tout point est transformé en une aventure humaine formidable et ingénieuse où l'on ne peut s'empêcher de se comparer à Asterios et questionner ses propres choix contre les siens. La vie d'Asterios Polyp devient alors le reflet de la notre et le miroir prend alors une nouvelle forme entre les mains du lecteur.

Saturday, August 01, 2009

Pluto de Naoki Urasawa (Viz Comics)


Ma première impression après avoir fini de lire ce premier tome de Pluto fut d'avoir lu un chef d'œuvre. Plus j'y repense et plus je continue de croire que c'est un chef d'oeuvre. J'écris donc cette chronique pour appuyer encore un peu plus le trait et le déclamer devant le village globale : Pluto est un chef d'oeuvre ! Oui, vous avez même droit au point d'exclamation.

Pourquoi ? Difficile à dire, comment décortiquer de manière synthétique toutes les qualités d'une oeuvre sans aucun défaut. Il faut donc que je revienne à ce que je pensais avant de lire Plutot : J'avais bien aimé ce que j'avais lu de 20th Century Boy et de Monster mais je n'avais jamais ressenti le besoin pressant de continuer à lire à tout prix son histoire. Trop de volume, trop d'enthousiasme de la part de la presse intello / bobo, trop l'impression que l'histoire va tirer en longueur, comme la plupart des séries, pour tenir en haleine son public. J'ai peut être bien tort mais tel était l'impression que j'avais vis à vis de Naoki Urasawa. Je savais qu'il avait beaucoup grandit depuis Pineapple Army, quand je lisais encore cette série dans les pages de Kaméha, un des premiers magazine français de prépublication de mangas, mais son style ne m'avait toujours pas convaincu.

Aujourd'hui, Pluto me fait revenir sur tout ce que j'ai pu dire et je vais peut être même me lancer dans 20th Century Boy. Pluto est juste aussi bon que ça.
A la sortie du premier volume chez Viz Comics (celui que j'ai d'ailleurs lut puisque la série n'est pas encore publié en France) Matt Fraction (un des scénaristes de comics les plus talentueux actuellement) avait déclaré que Pluto justifiait l'existence de la bande dessinée en tant que média, une hyperbole efficace qui avait attiré mon attention. C'est donc pour cette raison que j'ai acheté ce premier volume et c'est aussi pour cela que je viens vous colporter la bonne parôle : Matt Fraction a raison. Pluto ne justifie pas l'existence de la bande dessinée mais c'est une oeuvre qui exploite tout les mécanismes narratifs avec talent, maitrise et intelligence.

Crée comme un hommage à Tezuka, créateur de Astro Boy, personnage amené a devenir centrale dans cette histoire, ainsi que du détective, personnage principale de ce présent volume, Pluto, énemi d'Astro et de Black Jack, le chirurgien de l'impossible qui entre apparait un instant, Pluto est une réinterpration contemporaine (dans le style) et plus mature (donc complètement seinen) de "The greatest robot on earth". Passé sous le filtre Urasawa, l'univers d'Astro se voit osculter sous l'oeil d'un auteur passé maïtre dans la conception d'un thriller mais aussi dans l'élaboration d'un scénario complexe qui sait laisser de l'espace aux émotions, même quand elles ne sont pas exprimés comme sur le visage robotique de la femme d'un officier de police.

L'une des grandes forces de Pluto est donc la suspension temporelle qu'il utilise avec brio dans de nombreuses scènes en alternant avec des cases sans paroles et avec des échanges statiques où la tension se lit sur le visage metallique, artificiel ou humain. Ensuite, bien que ce premier volume ne soit qu'une introduction aux différentes pistes qui seront explorés par la suite, celles ci sont disséminés a une vitessse constante qui ne laisse donc aucun repos et aucun chapître vide de sens dans la toile complexe qui se tisse.

De plus, l'univers futuriste de Urosawa pioche avec intelligence dans des oeuvres aussi variés que celle de Isaac Asimov (les lois de la robotique que l'on évoque a plusieurs reprises) ou le dessin animé Gatchaman (le robot serviteur du pianiste est un clin d'oeil assez inévitable). Les références sont donc omniprésentes sans jamais qu'elles ne viennent interrompre le rythme de l'histoire ou pollué le cours de la narration. Urosawa sait où il va et a l'image d'un musicien qui se permet de petits mouvements supplémentaires pour impressionner son public, il introduit ces clins d'oeils. Le graphisme n'est bien sur pas en reste et je reste médusé devant des cases où l'on découvre un décors urbain complexe où chaque fenêtre apparait précisemment ou des paysages naturels paisible.

Enfin, plus qu'une histoire complexe, Pluto est aussi une collection de moment subtiles et puissant comme cette échange entre le détective et la femme robot dans le deuxième chapître ou cette fantastique case vers la fin de "North N°2 part 3" où le robot apparait enfin comme bien plus grand que son tyrannique maître pianiste, symbole de la conclusion d'un combat paisible entre l'obstination d'un viel homme et celle d'un robot qui tente tout les deux de dépasser ce qu'ils ont vécus.

Pluto n'est pas encore paru en français mais sa parution est déjà achevé au Japon. Il reste donc encore sept volumes a dévorer. L'avenir me dira si j'ai eu raison de m'exciter. Après tout, après un départ aussi magristrale, Urasawa pourrait me décevoir. Il resterait alors malgré tout un superbe premier volume qui, sans être suffisant, procure des sensations à chaque page. Celles d'être devant une oeuvre unique et formidable tout aussi géniale que celle dont elle s'inspire. Urasawa est en train d'acquérir à mes yeux l'intelligence et la force qui font de lui un digne successeur à l'idéal de créativité et d'originalité qu'a légué Osamu Tezuka à la bande dessinée mondiale.

Saturday, July 25, 2009

Back from London part 2 : the Books !

Comme vous pouvez le constater en voyant cette liste, j'ai eu quelque difficultés a tirer ma valise jusqu'à chez moi, surtout quand vous y ajouter la pile de bande dessinées précédemment énumérées. Difficile de résister a des prix forcement moins cher que ceux des sites puisque dénués de tout frais de port. Celui ci a quand même du bon quand il faut ensuite se trimbaler tout cela, j'en conviens, mais quel plaisir ensuite d'en faire la liste et de la présenter a tout ces contacts pour montrer a quel point on est intelligent, n'est ce pas. Voici donc ce que j'ai trouvé sur mon chemin lors de mon voyage londonien :

The Sailor who fell from grace with the sea Yukio Mishima
J'ai pour habitude de lire les traductions de livres japonais en français comme ce titre n'est plus disponible dans notre beau pays, j'ai eu recours à l'édition anglaise. Il s'agit d'un des classiques de la littérature japonaise dont je ne sais franchement rien en dehors de ce que je viens de lire sur la quatrième de couverture. Je dois avouer que ce qui m'avait d'abord attirer sur la première édition était l'illustration de Hokusai couplé au statut culte de l'ouvrage. Je n'ai pas eu droit à la même pour cette édition chez Vintage classics mais je doute que cela m'empêche d'apprécier ce roman à sa juste valeur.





Ulysses de James Joyce (the 1922 text)
732 pages de textes puis, jusqu'à la 980, des anotations et des explications. Le concept est désormais bien connu : une seule journée à travers Dublin décrite avec moulte introspection de la part du protagoniste. J'ai eu envie de lire ce roman après que Marshall McLuhan n'ait eu cesse de le citer durant Understanding media comme étant un des plus grands romans qui ait jamais été écris. A voir maintenant si les 700 et quelque pages glisseront facilement dans mon esprit.




The Road de Cormac McCarthy
Il parait, comme c'est marqué sur la couverture, que ce roman est maintenant un film. Tant mieux, je pourrais enfin le voir plus rapidement que le précédent livre de McCarthy que je n'ai finalement lut que très récemment, No country for old men. Qu'a cela ne tienne, le plus important est que Cormac McCarthy est un des romanciers américains les plus important qui existe actuellement et que son style fin et presque minimaliste réussit toujours a envahir tout l'espace pour ne pas être une distraction mais un tourbillon dans lequel on se laisse prendre avec plaisir malgré tout ce que l'on peut subir en son sein. Le William Faulkner moderne.




The Crying of Lot 49 de Thomas Pynchon
Pynchon est une des figure les plus énigmatique de la littérature américaine. Apprécié du grand public et célébré par les critiques, il est pourtant une énigme puisqu'il refuse toute apparition public. Cetains en vont même a douter de son existence réel. L'opportunité qui s'est présenté à mois dans la librairie Foyles sous la forme d'un classique 2 pour le prix de trois me permet aujourd'hui de mettre des mots derrière ce nom.






Exterminator ! de William S. Burroughs
Deuxième livre acheté dans le cadre de cette même offre. Faut il cependant avoir besoin d'une justification pour acheter un livre de Burroughs. Ce sera d'ailleurs seulement le deuxième livre de l'auteur que je lirais puisque je me suis pour l'instant limiter au Festin nu.








Concrete island de JG Ballard
Troisième livre du même lot. Je pourrais remplacer le nom et le titre de la description d'Exterminator pour ce livre. Je n'ai encore lut que Crash mais je pense que la lecture des romans de Ballard est essentiel du fait de son statut de visionnaire du 21ième siècle.







The Return of depression economics and the crisis of 2008 de Paul Krugman
Nouveau livre de Paul Krugman, un des économistes les plus intéressants et les plus facile à lire actuellement. Une excellente occasion de mieux comprendre ce qui se passe aujourd'hui dans le monde, ce qui ne devrait pas être un luxe. L'auteur est, certes, très partisan (voir son analyse pro Democrate de la politique américaine et du combat pour un meilleur système de santé dans The confession of a liberal, précédemment chroniqué) mais il ne s'en cache pas. De plus, malgré cette optique avoué, le prix nobel d'économie qui a courronné son travail l'année dernière lui donne un statut de référence indéniable.


The Long tail de Chris Anderson
Le redacteur en chef du magazine Wired explique en quoi l'économie s'oriente maintenant vers de petites niches de consommateur et plus un large système s'adressant au plus grand nombre. Un des ouvrage de référence de l'économie contemporaine en mouvement.









Hands-on Chaos Magic - Reality manipulation through the ovayki current de Andrieh Vitimus
Presenté comme un ouvrage de référence pour expliquer de manière simple le fonctionnement de la magie du chaos et comment la pratiquer, j'ai acheté ce livre dans le cadre de ma tentative de mieux comprendre l'univers scénaristique de Grant Morrison qui est une des figure de proue de ce mouvement spirituel. Je doute être convaincu par l'exposé de l'auteur mais au moins j'aurais une nouvelle perspective sur The Invisibles etThe Filth, entre autre.



Love all the people de Bill Hicks
Que dire ? Bill Hicks est un de mes héros. Il a influencé ma manière d'analyser le monde grâce a ses remarques pertinentes et acides sur la culture, la sexualité, l'humanité et la religion. Un homme intelligent et génial qui s'est éteint beaucoup trop tôt. Toujours inconnu en France et très peu reconnu aux Etats Unis, son oeuvre est très populaire en Angleterre où j'ai trouvé ce volume, ainsi que deux biographie, dans un HMV (sorte de FNAC locale) où ils étaient en plusieurs exemplaires, preuve que Hicks est toujours une référence pour un très large public. Puisse son message être encore et toujours connu, compris et appliqué. Aimez-vous les uns les autres bordel de merde !


Rip it up and start again (postpunk 1978-1984) de Simon Reynolds
Un des ouvrages de références sur la scène postpunk, mouvement informe comprenant des groupes aussi variés que Joy Division (que l'on classe aussi en cold wave), Talking Heads (que j'ai toujours considéré comme un groupe new wave) ou Throbbing Gristle (avant-garde, encore et ou toujours) et même Devo (encore jamais écouté) ou Cabaret Voltaire (les débuts de l'indus). Un compte rendu historique d'une période où tout paraissait possible.





Japrocksampler de Julian Cope
L'histoire du rock and roll au Japon et de l'impact que cette culture a eu sur la population locale. Tout d'abord la culture japonaise me passionnne. Ensuite, Julian Cope est un des critique rock les plus célébré alors que ce domaine de la littérature est justement très floue entre des scriboullard prétentieux dont la seule perspective historique est souvent "c'était mieux avant" et les journaleux nationalistes toujours près a sauter au cou des nouveaux groupes jusqu'à les célébrer pendant deux mois avant de les abandonner.





Colonizing sex, sexology and social control in modern Japan de Sabine Prühstuück
Je ne connais pas du tout cet auteur et je n'ai donc aucune référence pour juger son travail mais le thême m'a tout de suite parler comme vous pouvez vous en douter en ayant parcouru les références qui le précède. Le titre est assez explicite donc je ne pense pas avoir besoin d'en dire plus. A voir une fois que je l'aurais lu.





Fear of Music - Why people get Rotkho but don't get Stockhausen de David Stubbs
Un essai sur la différence de perception par le public des différentes oeuvres crée par des artistes avant gardiste et de l'évidente difficulté qu'il éprouve a respecter ou même a comprendre des courants musicaux à l'esthétisme pourtant similaire. Ce livre ne fait que 135 pages mais j'espère qu'il me donnera quelques pistes de réflection pour comprendre tout les reproches que l'on a pu faire à la musique que j'écoute.

Back from London part 1 : The Comics

De retour de Londres avec une valise bourrée de bandes dessinées et de livres, il me faudra plusieurs posts pour faire le tour de tout ce que j'ai acheté. Pourquoi faire cette liste ? Parce que tout le monde va me demander ce que j'ai acheté et ce que j'ai vu et que je n'aurais pas assez de ma mémoire pour tout raconter. De plus, les titres suivants sont susceptibles d'intéresser d'autres lecteurs qui se reconnaissent dans mes gouts. Voici donc le récapitulatif complet de tout ce qui m'a suivis jusqu'à la caisse du magasin et ensuite de Londres jusqu'à Paris.

Alice in Sunderland, an entertainment de Bryan Talbot (Random House)
Le volume dont tout le monde parlait l'année dernière vient enfin s'ajouter à ma bibliothèque. Ici, Talbot explore un univers inconnu qui aurait inspiré le chef d'oeuvre de Lewis Carroll. Il y mélange divers styles graphiques, du dessin, de la peinture, de la photo dans un odyssée graphique volumineux (plus de 320 pages) et prometteur.








Complete Alan Moore Future Shocks (2000 AD)
Une collection d'histoires scénarisés par Alan Moore (Watchmen, V pour Vendetta ...) pour la revue anglaise 2000 AD à ses débuts. Les dessinateurs sont prestigieux et a eux seuls auraient même justifiés l'achats : Bryan Talbot, Ian Gibons, Dave Gibbons, Alan Davis, Brendan McCarthy et Steve Dillon ...






Scarlet Traces de Ian Edginton et D'Israeli (Dark Horse)
D'Israeli est un dessinateur qui se fait rare mais dont le style (entre Ted McKeever et Stephen Parkhouse) a illustré des histoires aussi folles et inventives que Lazarus Churchyard, avec Warren Ellis, ou Kingdom of the wicked avec le même scénariste où le créateur d'une série de livres pour enfants revenait dans le monde imaginaire qu'il avait crée dans son enfance alors que ses habitants y mènent une guerre sanguinaire. Je n'avais encore jamais entendu parler de cette histoire mais, encore une fois, les noms suffissent a enthousiasmer. Un petit mot tout de même sur l'histoire : il s'agit d'une histoire de meurtre faisant suite aux événements de la Guerre des Mondes de HG Wells.


A drifting life de Yoshiro Tatsumi (Drawn & Quarterly)
Entre Bukowsky et Soseki, Tatsumi raconte sa vie de mangaka et sa jeunesse. L'auteur est aujourd'hui célébré par le milieu du comics indépendant pour avoir introduit un réalisme crasse et poignant dans ce média. Le présent volume compte plus de 800 pages mais le style de Tatsumi possède a la foi une fluidité de lecture et une puissance rare ce qui fera de ce titre une expérience mémorable sans l'ombre d'un doute.






Pluto de Naoiki Urasawa & Osamu Tezuka (Viz Media)
L'auteur de 20th Century Boy et Monster s'attaque au mythique manga d'Osamu Tezuka, Astro Boy, et le réécrit a sa manière. Je ne suis pas fan de l'auteur mais j'ai tellement entendu de bonnes choses au sujet de cette nouvelle série que j'ai eu extrémement envie de la découvrir.









Asterios Polyp de David Mazzucchelli (Pantheon)
Enfin un titre qui figurait sur ma liste des ouvrages a acheter en priorité ! Cette nouvelle oeuvre de David Mazzucchelli est actuellement célébré de toute part comme un nouveau chef d'oeuvre. L'auteur étant le fantastique illustrateur de Batman Year One, scénarisé par Frank Miller, je n'ai pas pu résister a l'enthousiasme générale pour découvrir cette histoire. Au premier abord la construction narrative parait très inventive et fluide. Tout en ligne clair avec beaucoup de changements de couleurs comme des pages en jaune sur blanc ou violet sur blanc (tout en ombrage), Mazzucchelli execute avec maestria un travail qui le place comme un maitre de la bande dessinée.


A disease of language de Alan Moore & Eddie Campbell (Knockabout - Palmano Bennett Book)
Les deux auteurs de From hell réalisent ensemble une histoire courte agrémentée d'un interview de Moore par Campbell. Je pense que ça suffit pour justifier un achat de 12,99£.








City of glass de Paul Auster adapté par Paul Karasik et David Mazzucchelli (Faber)
Tout en noir et blanc, cette adaptation par Mazzucchelli d'un des auteurs majeurs du vingtième siècle fait parti de mes achat totalement instinctifs. Je n'ai franchement aucune idée du scénario mais je me suis basé sur les auteurs, ainsi que sur le fait que l'introduction soit écrite par Art Spiegelman pour ajouter ce volume a ma pile.







De: Tales, Stories from urban Brazil de Fabio Moon et Gabriel Ba (Dark horse)
Les jumeaux surdoués réalisent une de leurs premières œuvres ensemble avec toujours ce style gracieux que beaucoup, comme moi, on connu avec Casanova (avec Matt Fraction) et The Umbrella Academy (avec Gerard Way). Des histoires urbaines, romantiques et simples mais superbes.








Magic bus, Doom Patrol vol. 5 de Grant Morrison & co
Avant dernier volume de la réédition des épisodes de la patrouille des super héros les plus atypiques et depressifs de toute l'histoire de la bande dessinée. Une collection essentiel pour tout adorateur de Morrison ou de comics dérangés et surréalistes.







La plupart de ces volumes ont été achetés à Gosh Comics, le temple londonien de la bande dessinée indépendante, que je vous recommande chaudement si vous passez dans le coin un de ces jours.
39 Great Russel Street
Metro : Tottenham Court Road (Central line)

Thursday, July 16, 2009

Everybody is stupid except for me and other astute observations de Peter Bagge


Auteur de Hate, mythique pour le jeune lecteur de comics que je suis encore tant je suis surpris par le nombre de trésor caché que recèle l'histoire de ce média, rien qu'aux Etats Unis, Peter Bagge est un journaliste à part entière dont les articles sont écrit et dessinés. Autant que je me souvienne, je n'avais jamais encore rencontré ce type de journalisme auparavant. Des reportages en comics ? Oui. Des livres théoriques en comics ? Du comics politique ? Bien entendu. Mais du reportage synthétique à mi chemin entre l'article et la bande dessinée, ça non. La collection ici présente regroupe donc des articles / comics publiés dans la revue libertaire (un des mouvements politiques américains les plus mal interprétés à ce que j'ai pu comprendre), Reason, où Peter Bagge dessine avec cynisme et réalisme différentes causes.

L'engagement de l'auteur est évident. Bagge ne tape dans le registre "objectif" qui rime avec hypocrite la plupart du temps (le livre le plus objectif que j'ai lu étant Manufacturing consent de Noam Chomsky et Edward Herman en terme de méthode analytique) et tente surtout d'être le plus rationnel possible en entendant et en retranscrivant les différents points de vue. Le biais le plus évident se trouve dans la manière dont il dessine les personnes qu'il trouve sympthique. Bien que tous soient caricaturés, il devient facile de trouver qui est la voix de la raison dans ses planches.

L'objectif est de toute manière de poser des questions et que l'on soit d'accord ou non avec ses arguments, Bagge et ses interlocuteurs en posent beaucoup de bonnes sur des questions aussi variés que la place des Malls (grands centre commerciaux américains que nous commencons a avoir de plus en plus par chez nous), le droit d'avoir un bazooka, la dernière campagne présidentiel américaine ou la guerre contre la drogue. Tout y passe et Bagge de souligner avec intelligence, humour, cynisme bien placé et efficacité des absurdités que nous prenons pour argent content sans même nous poser des questions.

A tel point que ce titre, hyperbolique au premier abord, finit par être de plus en plus réaliste, ce qui est très inquiétant vu que Bagge ne se dépeint pas non plus comme le plus grand penseur du siècle mais juste un simple type qui doute plus que la moyenne de ce que l'on lui dit. Ma première rencontre avec Peter Bagge ne m'a donc laissé qu'avec juste une certitude : je dois faire connaitre cette auteur ! Commander ce receuil, lisez le, prêter le et encourager les gens autour de vous a faire de même.

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Tuesday, July 14, 2009

Ce qu'il y a de neuf dans ma chambre


Everybody is stupid except for me and other astute observation de Peter Bagge
Déjà connu par les accros de longue date au comics indépendant pour Hate ! Peter Bagge est pour moi un nouvel auteur sur une bibliothèque de jeune fans de comics malgré ma dizaine d'année bien tassé dans ce monde. Non, je n'avais encore jamais rien lu de cet auteur et je l'avoue avec honte. Je n'ai même appris que l'auteur était celui de Hate !, dont j'avais entendu parler dans la grande revue masturbatoire de l'intello qui lut des comics : Scarce, qu'en payant mes achats dans un magasin que l'on nommera pas puisque son logo figure maintenant sur le coté de ce blog (merci de la suggestion à qui de droit, elle est juste et n'est absolument pas rémunéré de quelque manière que ce soit, à part peut-être par un peu de respect mais j'en doute). Je n'ai donc acheté ce volume qu'en réaction à la lecture de quelques cases hilarantes où Bagge souligne des absurdités du quotidien. Cela parait surement très banal dit comme ça mais ça ne l'est pas quand le graphisme grotesque de Peter Bagge s'y attaque.

The Nobody de Jeff Lemire
Honte a moi, encore une fois, je n'ai pas encore lu les Essex County de Jeff Lemire. J'ai par contre découvert l'auteur par le biais d'une histoire en cinq pages dans le précédemment chroniqué Awesome 2 et j'ai été suffisamment touché par son style pour mettre plus de 20 euros dans ce volume. Je tiens d'ailleurs à préciser que je pensais que ce titre était en fait une nouvelle série Vertigo et non un volume hardcover. Voilà ce qui arrive quand on ne lit pas suffisament ce que l'on nous envoit. Je ferais désormais plus gaffe mais je ne pense pas non plus regretter mon étourderi si j'en crois tout le bien que l'on peut lire sur le net sur cet auteur. Sa venue chez Vertigo rejoint donc la floppée d'auteurs venus de l'indépendant qui écrivent maintenant pour l'éditeur comme Brian Wood (DMZ, Northlanders, Demo, Channel Zero) et Jason Aaron (Scalped et même Ghost Rider), facilement deux des auteurs les plus talentueux de leur génération. Pas de crainte particulière donc.

Waltz with Bashir de Ari Folman et David Polonsky
Vous avez surement vu les affiches du film d'animation adapté de ce roman graphique et moi aussi. Si vous en savez plus dessus vous en savez donc plus que moi car je n'ai pris ce tome qu'après les recommandation d'une amie sur la qualité du film. Venant de l'école de ceux qui préfèrent lire avant de voir, j'ai donc préféré commencer par l'oeuvre original avant d'enchainer avec le film. Le style est très européen tout en évitant les écceuils stylistique du genre depuis quelques années. J'ai tout de suite pensé à Fax from Sarajevo en voyant la couverture, avant même de faire le rapprochement avec le film, ce qui est une très bonne chose. Etre comparé a une des oeuvres majeurs du comics américain ne peut pas faire de mal et en apprendre plus sur un conflit dont j'ignore tout depuis son histoire jusqu'à ses ramifications actuels ne peut pas me faire de mal.

World War Robots volume 2 de Ashley Wood et T.P. Louise
Que dire sur ce volume que le titre ne dit pas déjà ? Ashley Wood continue d'illustrer un conflit entre des robots, des hommes et des zombies. Les illustrations utilisent toujours le style expressioniste qu'il explore depuis Uno taurino. Les différents textes donnent du volume a cette collection qui ne pourrait être qu'une simple collection de peinture. Peut on alors parler de roman graphique ou de art book ? Un peu des deux mais ni l'un, ni l'autre non plus. Ashley Wood fait du Ashley Wood et cela continue de me plaire. J'attends quand même avec beaucoup plus d'impatience son projet a venir avec Joe Casey (scénariste et co auteur avec Wood de l'excellent Automatic kafka qu'il serait de bon ton de rééditer).
(petite remarque pour les pointilleux, l'illustration que j'ai choisit pour ce volume est la seule que j'ai trouvé sur Amazon mais elle ne correspond pas à la couverture de ce que j'ai acheté, ne vous y fier donc pas).

Monday, July 13, 2009

Awesome 2 Awesomer (Top Shelf) 2009


Sans aucune thématique générale, ce receuil d'histoires courtes a pour seul but de mettre en valeur les talents de nombreux artistes aguerris ou novice pour une bonne cause : soutenir un centre d'étude de la bande dessinée. Tout les registres de la bande dessinée indépendante sont présent dans ce volume, de l'histoire pour enfant au non sens en passant par le drame et la comédie. Parfois certains auteurs usent de leurs personnages récurrents pour une simple histoire qui est alors dénué de tout contexte, comme celle de David Crogan (Cultural differences) où un marin amoureux se bat contre un japonais pour les beaux yeux d'une demoiselle. La conclusion de cette histoire, comme celle de quelques autres, ne sont d'ailleurs pas explicite du tout ce qui est tout de même le minimum que l'on devrait obtenir d'une histoire (un début, un milieu et une fin). Unicorpia de Georges La Vigne est le pire exemple dans cette collection puisque l'on ne comprends rien du début à la fin aux actions de ce trio de personnages indéterminés. Les auteurs les plus talentueux sont donc ceux qui inventent tout un univers en l'espace de quelque page ou ne racontent qu'une tranche de vie. The horseless ride de Jeff Lemire est une, voir la meilleure histoire, puisque la situation dramatique qu'il crée et résout en cinq pages est simple mais superbement exécuté avec sensibilité grâce a une attention au détail et un sens très développé de la progression temporelle dans la description d'une même scène. Le reste pali donc beaucoup en comparaison. L'autre grand exception est tout de même "Sting!Stang!Dud!" de Jim Rugg et Brian Maruca qui reviennent tout les deux sur le personnage de Blackspoitation, Afrodisiac, introduit l'espace d'une histoire dans les pages de Street Angel. L'interprétation d'une histoire de l'enfance de Jesus par C. LaGreca est aussi des plus mémorables. Il y a donc un assez large panel d'histoires et de très bons moment pour justifier les 15$ déboursés pour ce volume. Il est d'ailleurs a moitié regrettable que plusieurs des meilleurs histoires de ce volume se retrouve dans un petit cahier de mini comics qui auraient bien mérités de plus grandes pages pour exposer le talent de leurs auteurs, notamment "It's raining" de Mo et "Meaningful glances" de Jen Vaughn.

Sunday, July 12, 2009

The Stuff of Life - A graphic guide to genetics and DNA de Mark Schultz (scénario) et Zander et Kevin Cannon


Le nom de Zander Cannon (Smax avec Alan Moore) et son association a un projet de comics racontant les secrets de l'ADN en comics m'ont tout de suite attiré vers ce projet. Peu d'auteurs se sont orientés dans le chemin tracé par les travaux de Will Eisner pour son comics destinés aux jeunes officiers, réalisé durant son service militaire, et le triptyque d'analyse de Scott McCloud qui en ont fait le Marshall McLuhan de ce media et ont les comprends car la tâche n'est pas des plus simple. Raconter une histoire tout en expliquant de manière la plus didactique possible sans tomber dans le cours ex cathedra destiné a un public de convertis un ensemble de connaissance biologique n'est qu'un simple résumé de l'ampleur du travail auquel on du s'atteller les auteurs. Ils en sortent donc partiellement vainqueur grâce a l'utilisation d'un avatar et d'une situation similaire à un cours en la personne d'un expert d'une race extra terrestre expliquant à son chef suprême les secrets de l'ADN humain et ce que son étude peut apporter à leur race, atteint d'un mal mystérieux. Les questions entourant cette dégénérescence sont d'ailleurs seulement abordé et non exploré pour faire de la place a des cases riches en information scientifique. La terminologie prend trop largement le pas sur l'illustration et aurait gagné a donné plus d'espace aux illustrations pour permettre au texte de respirer. Les cases ne font donc qu'illustrer le texte ce qui éloigne donc The Stuff of life du monde de la bande dessinée à proprement parler pour n'y revenir que quand le scientifique extra terrestre s'éloigne de son exposé et discute avec son royale interlocuteur. La faute surement a un scénariste épaulé par un scientifique mais non spécialiste ce qui l'a surement amené a devoir coller trop souvent au texte pour ne pas induire en erreur le lecteur par des illustrations qui aurait remise en question la validité scientifique de ce texte qui se veut être un véritable exposé sur la question des gènes et de l'ADN. Ni destiné aux novices, ni aux spécialistes, The Stuff of Life a pour tâche de permettre à des écoliers comme moi qui n'ont retenu que peu de choses de leurs cours de biologie de revoir et d'élaborer sur les quelque connaissances qu'ils ont acquis dans différentes sources (j'ai souvent pensé aux personnages d'Il était une fois la vie au cours de ma lecture). Le résultat de cette collaboration est toutefois prometteuse si jamais ses auteurs décidaient de continuer leur collaboration en s'attaquant à un autre sujet. On peut alors rêver d'une meilleure exploration de ce genre entre des scientifiques et des auteurs de comics capablent de donner vie sur la page à leurs théories.

Side B - the Music lover's comic anthology (A Poseur Ink Anthology)


Acheté pour lire des histoires dessinés par Jim Mahfood et Ryan Kelly, je ne regrette pas mon achat pour ce qui est de ces artistes. Le reste des artistes est par contre beaucoup trop jeune pour marquer l'esprit par leur nom, leurs pensées ou leurs dessins. Le concept de ce receuil est de proposer à des auteurs de comics de mettre en scène leur amour de la musique. Les routes empruntés sont principalement celle de l'anecdote, parfois de l'exposé et parfois d'une histoire où la musique a un rôle. L'histoire illustré par Ryan Kelly est celle d'une jeune chanteuse d'un groupe punk qui se fait virer de son groupe. Celle de Mahfood est une série d'anecdote sur un chanteur de soul / funk méconnu. Les deux frappent juste car leur style de narration et de dessins sont aboutis. Tout les autres manque de près car leurs histoires sont touchantes mais rien ne les fait réellement ressortir de la masse des jeunes pousses qui apprennent doucement leur art. Side B est donc une initiative a encourager mais dont le quotient d'artiste confirmé et de débutants doit être équilibré pour être réellement viable. Aucune d'histoire n'aboutit nulle part à la fin mais les trois quart sont trop anecdotique pour être des représentations fidèles du style de leurs auteurs. L'une d'entre elle est tellement mal lettré qu'elle en est presque incompréhensible (de Cathy Johnson de la page 71 à 75). Il est surtout intéressant de notre que beaucoup des artistes évoquent leur rapport conflictuel à la musique en tant que dessinateur déçu de ne pas être musicien (Giving up the dream de Megan Rose Cedris et Summer 1968 de Laurence Gullo) et d'autre leurs plaisir a écouter un artiste particulier (You think you really know me de Jim Mahfood et Redemption day de Cristy C. Road) mais que la plupart ne parle que de leurs souvenirs associés à des chansons. C'est donc un regard nostalgique qui domine dans ce recueil et me frustre de ne pas avoir plus de récit inspiré par la musique et non de souvenirs liés à la musique. La thématique n'est donc qu'un prétexte autobiographique pour beaucoup de ces auteurs ce qui en fait une compilation d'histoires douce et légère mais sans grand intérêt pour le passionné de musique et de comics curieux de découvrir ce que des auteurs peuvent réellement imaginer grâce a la musique et reçoit à la place une collection d'histoire où les auteurs parlent de l'impact que la musique a sur leur vie.

Thursday, July 02, 2009

No country for old men de Cormac McCarthy (Picador)


No country for old men fut pour moi une expérience similaire a celle de lire As I Lay Dying de William Faulkner. Ce n'est pas l'histoire en elle même qui m'a fait lire ce livre en deux jours mais la musicalité du texte et le rythme des échanges. L'histoire que raconte Cormac McCarthy est celle de trois hommes dont la vie prend un tournant inattendus à cause de deux millions de dollar qu'un jeune homme trouve dans une voiture ayant servit à un trafic de drogue. L'argent, il le désire dès qu'il le voit, et s'empare donc au mépris du risque qu'il prend pour lui même et pour sa jeune femme. Le shériff du conté est lui aussi embarqué dans cette histoire car il a pour devoir de protéger ses habitants. C'est à la fois son travail et son devoir morale. Il accomplit à la fois cette tâche par bonté mais aussi pour se racheter. Derrière eux, un tueur psychopathe aux motivations mal définit comme c'était déjà le cas pour le personnage de l'avocat dans Méridien de sang du même auteur. Ce tueur est tout aussi menaçant mais surtout beaucoup plus violent. Il est le personnage centrale de l'histoire car il est celui qui détient les règles du jeu qui se joue entre les deux premiers personnages car il les définit lui-même et ne laisse personne lui imposer quoi que ce soit.

No country for old men, pas de pays pour le vieil homme. L'histoire aussi d'un pays transformé et dépassé par la violence quotidienne d'hommes qui ne peuvent plus se cacher derrière la folie ou la guerre pour expliquer leur violence. Un roman radicale et sombre sous le soleil brulant du Texas. A la manière de Faulkner, McCarthy a de la sympathie pour ses habitants et ne critiquent donc pas cet été si souvent diabolisé par l'Europe. L'ouest violent et âpre de Méridien de sang et de De si joli cheveux est bien loin mais la violence n'a pas faiblit depuis et va même de pire en pire. Des personnages, simples et humains, dont l'âme de papier est investit par des répliques simples mais franche, chaleureuse comme peuvent l'être celle des hommes dont la vie a un sens mais dont le contenu ne se veut pas philosophique mais pratique. Les dérives moralistes sont évités, l'auteur s'investir dans son texte et dans ses personnages. Il leurs donne la vie puis leurs dérobent dans la douleur. En guise de conclusion je citerais un des échanges qui m'a le plus marqué dans ce livre, quand deux policiers discutent ensemble du marché de la drogue.
"They sell this to school children. And you know what's worse ? School children buy it."
Il n'y a plus de pays pour le vieil homme.

Bande annonce de No country for old men par les frères Coën

Wednesday, July 01, 2009

Jamais Cascio - Hacking the earth : Understanding the consequences of geoengineering (Lulu.com)


Jamais Cascio est un génie. Oh oui, la bonne vielle technique de l'hyperbole. Grand classique du répertoire des figures de styles apprises en classe de CM2. Sauf que ce n'en est pas une. Jamais Cascio EST un génie et pour cette seule raison vous devriez déjà avoir lu son premier livre. Edité par le site d'auto édition lulu.com, Hacking the earth est une collection d'articles sur le geoengineering. Le réchauffement planétaire ne peut être évité. Nous ferons face a de graves changements climatique même si nous prenons des mesures drastiques pour changer notre mode de vie et ne pas juste repousser l'échéance en ne blâmant que des grandes entreprises. Si il n'y a donc de solution, il faut gagner du temps et c'est là que le geoengineering intervient afin de retarder l'échéance. De très bonnes idées, parfois difficile réalisable, et parfois beaucoup plus que Jamais Cascio explore sous tout les angles. Le génie de l'homme ne réside pas que dans sa manière de résoudre un problème mais de prendre en compte tout les tenants et les aboutissants d'une situation et de s'interroger suffisamment pour que son raisonnement soit à la fois cohérent et intelligible. L'auteur ne vulgarise pas, il explique et développe, synthétise et transmet. Un esprit tel que l'on aimerait en avoir plus. Avec un style concis et des références variés, il parvient a toucher un très large panel de lecteurs, professionnels ou peu versé sur un sujet aussi précis. Hacking the earth est le premier volume édité en son nom mais vous pouvez aussi découvrir l'homme par des vidéos de présentations durant des séminaires qu'il upload ensuite, ainsi que ses powerpoint, sur son propre site. Un penseur moderne pour qui le futur est déjà présent.


Mobile intelligence : en quoi le téléphone portable est il l'outil du futur?

Acheter Hacking the earth - Understanding the consequences of geoengineering

Tuesday, June 30, 2009

McMafia - Seriously organised crime de Misha Glenny (Vintage books)


La couverture de ce livre a du dérouter pas mal de mes voisins de transport en commun qui ont du se demander si je lisais un roman parodique sur la mafia. La question que je me pose encore à son sujet, par rapport à la très sobre couverture de l'édition cartonnée, les raisons d'une telle accumulation de clichés sur une même page pour un livre dont le but final est de briser tout les clichés que l'on peut avoir sur la mafia et le crime organisé d'une manière générale. Misha Glenny, journaliste pour la BBC, introduit son volume avec l'anecdote du meurtre de la soeur d'une reporter, injustement tué par un meurtrier qui s'est, un soir, trompé de cible.

Le fait que ce livre débute avec une histoire qui pourrait très bien arriver a son auteur pour avoir traiter d'une manière extensive le sujet de la mafia mondiale suffit a introduire un degré de sérieux qui ne retombera a aucun moment. La débauche de détails est un testament à l'analyse méthodique de l'auteur qui traite de manière synthétique, la mafia Bulgare, l'ex URSS (où l'on apprend qu'un assassinant ne sera jamais aussi bien mené a bien, pour un prix raisonnable, que par un serbe), les émirats arabes, l'Inde (où Bollywood ne fait pas qu'embrasser la mafia locale), le Niger (où l'extorsion de fond de victimes occidentales est tellement répandus qu'elle a son hymne), les traffics de marijuana au Canada (dont la politique tolérante cause de nombreux problèmes avec les Etats-Unis) et les effets réels de la lutte anti drogue (négligeables) puis le Japon (les yakuzas, leurs liens avec la droite nationaliste et leur place dans l'économie locale) et enfin, la Chine (la tolérance du gouvernement envers la contrefaçon).

Les nombreuses anecdotes sur chaque pays permettent d'en apprendre bien plus sur les cultures de chaque pays qu'un guide touristique tout en découvrant l'ampleur d'un mécanisme économique mondiale grandissant auquel chacun contribue d'une manière ou d'une autre tout en ignorant qu'il le fait. Misha Glenny pointe du doigt de nombreux phénomènes mais il s'appuie aussi sur de nombreuses études. Son travail est donc celui d'un journaliste d'investigation mais, à la manière d'un Noam Chomsky dans "Manufacturing consent", son travail de recherche est tout aussi impressionnant comme le prouve l'excellente bibliographie, chapitre par chapitre, où il pointe du doigts des volumes spécifiques en anglais, allemand et espagnol qui lui ont servis et qui peuvent permettre d'approfondir un sujet en particulier. Un ouvrage qui n'a donc rien en commun avec sa couverture quelque peu déroutante.

Le titre pourtant pourrait laisser entendre un contenu plus léger. Il n'en malheureusement rien. "McMafia" est en fait une expression employé par un interlocuteur de l'auteur pour qualifier les méthodes qu'utilisent aujourd'hui la mafia tchétchène pour étendre leur emprise. La sinistre réputation qu'elle détient leur permet maintenant d'inspirer la crainte rien qu'en les évoquant. Ils vendent donc aujourd'hui le droit d'utiliser leur nom pour faire plier des victimes en inspirant la crainte. Le contrat n'est cependant pas dénué de danger puisque toute menace non porté a exécution dans le cas où les victimes décident de ne pas payer sont réprimandés par l'intervention de la véritable mafia tchétchène contre les associés n'ayant pas respecté leur part du contrat. Ce n'est malheureusement qu'un des symptômes de la mondialisation et de l'emploi de pratiques d'entreprises par le crime organisé, de mieux en mieux organisé.

Sunday, June 28, 2009

The Conscience of a liberal - Reclaiming America from the right de Paul Krugman (Penguin)


La récente déclaration de Barrack Obama concernant une réforme du système de santé américain arrive a point nommé après "Conscience of a liberal" qui est avant-tout un manifeste démocrate en faveur de cette même réforme. Paul Krugman, économiste engagé, récompensé par le prix nobel de sa profession en 2008 pour son travail sur les échanges internationaux et autour d'articles pour le New York Times, n'a jamais fait un secret de sa position politique. Le sous titre du livre le précise bien : se ré approprier l'Amérique des mains de la Droite. Krugman terrasse cependant le spectre du "manifeste indigeste" en offrant au lecteur une analyse intelligente et complète de l'évolution des Etats Unis sous l'angle de la domination des idées conservatrices contre celle des démocrates.

La vie politique des Etats Unis y est disséqué et l'on prend alors beaucoup mieux conscience de la nature du débat qui nous a toujours échappé à nous, européens, éloigné et dominé par les figures médiatiques des nombreux leaders et de leurs frasques qui les ont tous fait passer pour des icônes aux opinions indistinctes. En parlant de la Droite américaine, Krugman parle aussi de ce que cela signifie d'être démocrate aux Etats Unis. Une analyse que j'aimerais beaucoup lire en ce qui concerne notre pays pour mieux comprendre son histoire politique qui m'est ici apparu plus clairement. Les lobby, les conflits idéologiques et les différents problèmes qui ont empêchés les Etats Unis de se doter d'un système de santé digne de celui des pays européens. Les plus amoureux de la belle France seront d'ailleurs heureux de lire ce que Paul Krugman a de beau à dire sur notre système de santé considéré comme un des meilleur au monde. En 273 pages, l'analyse claire de Krugman rend intelligible des dizaines d'années de politiques américaines. De même, son engagement, bien qu'il ne soit jamais déguisé, éclaire d'autant mieux les raisons de l'engouement que Barrack Obama a provoqué aux Etats Unis lors de son élection. Un livre actuel et nécessaire pour qui s'intéresse à la politique américaine.

Kaïro de Kurosawa Kiyoshi (édition Picquier)


Après avoir vu Ring et en avoir demandé plus, je trouvais Kaïro et accueillit alors Kiyoshi Kurosawa dans ma vie. Cinéaste à la large palette d'univers, Kurosawa s'introduit dans le spectateur et lui fait découvrir de large plans instables pour s'insérer au plus profond de ses émotions durant toute la durée du film. Kaïro, récit de la fin du monde dans un Japon dépassé par une menace fantomatique plongeant ses victimes dans une spirale les menant à une mort inéluctable et dénué d'émotions. Dans la version romancé de sa vision du film de fantôme il approfondit la vie et la psychologie de ses personnages ainsi que l'intrigue qui est seulement abordée dans le film. En effet, Kaïro est un film qui repose sur son atmosphère grisâtre et nuageuse s'échappant de tout les pores de l'écran à la manière de la petite fille qui franchit la télévision de ses victimes dans Ring.

Le rythme du roman n'est donc pas aussi lancinant mais conserve cet aspect laconique dans les réactions de ces personnages dont la panique semble toujours être contenu par la force de la pression sociale japonaise. La fantaisie ironique dont parle la quatrième de couverture n'est pas terriblement évidente bien que les personnages soient effectivement assez pathétique dans leurs efforts pour s'échapper de l'embrase de la menace qui dévore leur environnement. Tout comme dans le film, le destin rattrape tout ceux qui tentent de lui échapper mais ce n'est pas la peur qui dévore le spectateur mais la dépression et le désespoir de ne rien pouvoir faire contre tout cela. L'auteur étant d'abord cinéaste avant d'être romancier, la version cinématographique est pour moi la plus efficace des deux versions mais les deux se complètent suffisamment pour que les fans de l'un ou de l'autre puisse se tourner sans trop de risque d'être déçu vers l'autre versant de l'œuvre qu'il leur resterait à découvrir.

La vie en gris et rose de Kitano Takeshi (édition Picquier)


Dans un style décharné de tout effet de style, Takeshi Kitano parle par épisode de son enfance misérable. Comment vivre dans une famille qui n'a pas un sou quand on est à l'école et que tout le monde peut se payer de petits plaisirs et que l'on passe pour le débile de service en ayant pas de quoi s'habiller correctement? De petites galères en petites victoires, sa vie passe de jour en jour avec ses parents. Son père surtout. Alcoolique et maladroit, impuissant devant tout, il se saoule constamment et tâche de gagner suffisamment. Kitano ne sombre pas pourtant dans le misérabilisme. Son enfance est d'abord celle de petites tranches aigre douce. Les petits dessins gribouillés entre les pages complètent le récit que l'on peut lire comme le regard amusé et nostalgique d'un homme sur sa jeunesse difficile dont il ne regrette rien pour autant. C'est seulement au fil des pages que l'on prend en compte le véritable sens de cette collection. Nostalgique de son enfance, Kitano regarde aussi vers le futur et parle de ce qu'il veut être en tant qu'homme et en tant qu'artiste. Il nous parle aussi de son père et de la relation étrange qu'il a entretenu avec ce bonhomme difficile à vivre qui ne savait pas comment encourager ses enfants, dire ce qu'il pensait ou les aimer. A sa manière Kitano témoigne ainsi de tout ce que son père et sa mère lui ont apportés durant son enfance en étant des parents pauvres et sans éducation particulier qui ont toujours tâché de procurer de quoi vivre à leurs enfants.

Mémoires d'un lutteur de sumô de Kirishima Kazuhiro (édition Picquier)


Savez vous qui est Kirishima Kazuhiro? Connaissez vous tout les grades que compte l'échelle de force du Sumo? Si vous avez les réponses à cette question ou si vous les cherchez, ce livre est fait pour vous. Doté d'un lexique et de nombreuses annotations, Mémoires d'un lutteur de sumô est une immersion complète dans les turpitudes d'un sumotori humble et sympathique dont la vie est consacré à son sport. Il parle de sa passion, de sa famille, des sacrifices et de ceux qui le soutiennent, sa compagne, son village, sa famille, ses fans. Les quelques passages où Kirishima en parle sont révélateurs sur la place de ce sport méconnus dans nos contrées qui a une ampleur comparable au football par chez nous. Ce que j'ai pu comprendre par ce livre c'est aussi les efforts dont il faut faire preuve pour pratiquer ce sport et sa complexité qui ne peut pas être évidente pour un occidental qui ne découvre que des bribes de combats où deux épais japonais se poussent pour en faire sortir un d'un cercle. Du curling avec des gens obèses ? Bien plus que ça ! Beaucoup beaucoup plus ! Il n'y a donc pas de véritables "reproches" a faire à ce livre tant que l'on sait à quoi s'attendre. Mémoires d'un lutteur de sumo est bel et bien l'autobiographie d'un lutteur de sumo. Le style n'a rien d'extravagant et l'histoire n'est pas non plus riche et incroyable. Il s'agit juste de la vie d'un homme nous faisant partager sa passion, ses craintes, ses inquiétudes. La vie d'un sportif de leur coté de la planète dont les doutes et les interrogations sont les même que les nôtres.

Tokyo Express de Matsumoto (édition Picquier)


Un double suicide qui se transforme en double meurtre présumé. Un suspect tout désigné par des enquêteurs ingénieux mais un plan qui l'est encore plus. L'intrigue tiens de celle du roman policier classique. Le meurtrier perd les enquêteurs grâce un place complexe qui ne peut être conçu que par un romancier expert. Matsumoto est devenu un écrivain de roman policier culte au Japon grâce à cette intrigue. On en convient sans peine. Par contre, on ne s'adresse ici qu'aux fanas du polar à la Conan Doyle. Tout le charme de l'histoire est dans l'enquête minutieuse et les déductions de policiers passionnés, convaincu du bien fondé de leur enquête. Pas de procédure, pas de plongée dans les méandres de la folie d'un meurtrier psychopathe. Le meurtre est presque trop propre pour être crédible. Le plan diabolique s'est joué sur un échiquier complexe et il faut maintenant remonter en arrière pour comprendre les motivations et chaque mouvement de pièces. Certes, tout cela est très bien fait et amusant mais quand on veut un peu de folie et d'obscurité on est déçu. Je ne l'étais pas a l'issu de ce roman mais je savais un peu à quoi m'attendre. Du bon polar comme on en fait plus. Le monde a changé et notre regard sur les criminels aussi. Ca fait tout de même un peu de bien de lire une intrigue où la motivation criminel est plus clair que son plan pour arriver à ses fins.

Saturday, June 27, 2009

Mirage de Edogawa Rampo (Picquier)


Avec un style simple et des descriptions fine et précises, Edogawa Rampo instaure lentement mais surement une atmosphère troublante dans ses nouvelles. Edgar Alan Poe japonais, il partage avec l'auteur anglais le gout pour le fantastique et le suspens mais y ajoute la perversité nationale dont fait preuve ce pays en terme de perversité. L'histoire qui introduit ce court volume n'est pourtant rien en comparaison de l'histoire suivante où un homme s'enferme lui même dans sa propre psychose. Il se glisse dans le cachot de sa propre peur et jette la clé lui même sous les yeux du lecteur qui le voit perdre toute humanité sous le coup d'une obsession mélangeant l'amour de la chaire et une psychose terrifiante emprunt de bêtises et de naïveté. Chaque sentiment rivalise l'un contre l'autre et embrouille le lecteur dans une nuée vaporeuse et étrange, dérangeante et fascinante. Decrire l'ignoble est une chose mais l'imaginer est une autre. Edogawa Rampo crée de terrifiantes histoires où se mêlent le corps et l'esprit dans une danse a en perdre la raison. Quelque 130 pages que l'on tourne lentement de peur de comprendre ce vers quoi l'histoire s'achemine et que l'on referme en soupirant. Pas de violence démesuré, pas de perversion grotesque, juste la folie sous sa forme la plus pure.

Les autres achats du jour

Side B - the music lover's comic anthology Une anthologie d'histoires courtes autour du thème de la musique. Edité par Poseur Ink pour 22$, la somme dépensé est justifié par les noms de Jim Mahfood, Ryan Kelly (Local, Northlanders, The New York Four) et l'envie de soutenir un petit éditeur. C'est peu pour une telle somme mais les deux cents pages de ce recueil débordent de styles différents et de pages noirs et blancs tellement différentes de la horde de publication américaine classique que la dépense se justifie très vite quand on a envie de soutenir une initiative un peu différente. Seule la lecture me dira si j'ai eu raison.

The Stuff of Life - A graphic guide to genetics and DNA par Mark Schultz (scénario) et Zander et Kevin Cannon (Ill and Wang)
Depuis Understanding Comics de Scott McCloud (le Marshall McLuhan de la bande dessinée), les comics / livres n'ont pas pullulés mais depuis quelques années certains titres perpétuent le concept comme Action Philosophers (l'histoire de la philosophie en comics) et Comic Book Comics (l'histoire du comic book en comics, quoi de plus naturel ?) et le présent volume illustré par Zender Cannon (Smax avec Alan Moore, rien que ça) où l'on nous compte sous la forme de comics les secrets de la génétique. Typiquement le genre d'initiative auquel je ne peux résister.

Awesome 2 - Awesomer (Top Shelf)
un autre recueil publié par l'élite de l'indépendant intelo américain, Top Shelf. L'achat est ici justifié par les noms suivants : Jeff Smith (Bone, Rasl, rien de moins qu'un des auteurs les plus talentueux de ces dix derniers années) Jeff Lemire (la trilogie Essex Country et une nouvelle série chez Vertigo, Sweet tooth), Brian Maruca (Street Angel, 'nuff said), Jim Rugg (Street Angel, the Plain Janes, Janes in love) et encore d'autres noms qui me sont vaguement familiés. Le prix de 14,95$ sera utilisé pour soutenir différentes causes.

My inner bimbo de Sam Keith (scénario et dessin), Josh Hagler (dessin) et Leigh Dragoon (dessin) (Oni Press)
Le seul nom de Sam Keith (The Maxx, Four Women ...) suffit a justifier l'achat d'un comics. Un nombre incalculable d'auteurs ont tentés d'avoir une approche "psychologique" pour densifier leur personnages de papiers mais peut y arrivent aussi bien que Keith dont la formation de psychologue et l'incalculable talent en font un des auteurs les plus honteusement ignorés de la décennie. Seul un groupe de fans fidèles semblent être responsable de sa survie et de sa publication chez DC autant que chez Image, Marvel ou Oni Press. Il n'y a pourtant besoin que de feuilleter ce volume pour voir que rien que les illustrations et le découpages justifie amplement l'achat. 19,95$ de bien investis.