
Avec Signal to noise, ce couple de créateur fait de son union un chef d'œuvre aussi poignant que Violent cases ou Cages sur la fin de la vie et comment l'appréhender. Un réalisateur de renom apprend qu'il ne reste que quelque mois à vivre. D'abord déterminé à s'isoler complètement et a abandonner le projet de film qu'il comptait réaliser, il retourne à l'écriture et commence à rédiger le scénario d'un film sur la fin du monde.

Superbement illustré par le graphisme de McKean, entre onirisme et photo réalisme, les mots choisit par Neil Gaiman dépeignent autant un absolu insaisissable dans lequel l'imagination du réalisateur se plonge en tentant de donner du sens à son existence sur le point de s'achever tandis qu'il donne naissance à une nouvelle œuvre. L'alternance entre la vie de l'auteur et les épisodes du scénario rappellent la double narration métaphorique du Watchmen de Moore et Gibons pour en atteindre la puissance de l'union du littéraire et du graphique qui font la richesse de ce médium.
En atteignant la dernière page, le conflit entre la vie et la mort n'est jamais résolu car s’il faut tenir une leçon de cet ouvrage c'est celui que la fin du monde est inéluctable pour chacun de nous sans que la vie ne cesse pour autant d'exister. La complémentarité de la vie et de la mort trouve dans Signal to noise une poésie douloureuse mais apaisé dont la lecture ne cesse de fasciner une fois achevé. On comprend alors aisément pourquoi tant d'adaptation ont succédé la publication de cette histoire dont le terme de "graphic novel", comme le souligne en introduction Jonathan Caroll, est bien trop limité pour les illustrations de McKean à mi-chemin entre la narration et le tableau. Alors, à quand Signal to noise : l'exposition?